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Cher Fiodor,

L’enseignement doctrinal justifiant le « verus Israël »   et « l’abolition de la Thora » sont-ils  confirmés  par Pie XII, sous couvert de l’Infaillibilité pontificale, dans l’Encyclique Mystici-corporis-Christi ? »

Vous répondez négativement, au motif « que l’infaillibilité n’est mise en œuvre que  lorsqu’un pape l’invoque expressément en proclamant un dogme. » Je ne pense pas que vous ayez raison, car l’infaillibilité  a été expressément invoquée par le pontife,  comme je vais tenter de l’établir.

En effet, l’infaillibilité s’applique  en  relation   avec la volonté du Saint Père, qui,   se prévalant, (ce qui, en l’occurrence,  fut le cas,) de ses  qualités  de Docteur et  Pasteur de l’Eglise,  signale explicitement sa volonté d’affirmer que le contenu de son propos relève de la mise en œuvre de « l’infaillibilité. »  Monseigneur Perrier,  évêque de Tarbes et Lourdes (Alateia, chercheurs de vérité)  expliquera plus bas, les conditions d’exercice de l’infaillibilité pontificale. Vous noterez que,  pour l’Encyclique dont nous parlons, Pie XII s’étant  attaché à se présenter simultanément dans ses fonctions de Docteur et Pasteur, confirme que  ses intentions  restent sans ambiguïté : il entend impliquer le recours à l’infaillibilité, en s’exprimant ex-cathedra, condition requise pour le bénéfice du dogme adopté  par l’Eglise Romaine au XIXèm siècle.

Les conditions doctrinales sont donc réunies pour soutenir que le pape Pie XII entendait que son « propos » soit reconnu « protégé et confirmé  par l’infaillibilité pontificale. La constitution dogmatique Lumen gentium (21 novembre 1964)(wikipedia)  adoptée par le biais conciliaire,  souligne  « Le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit, du fait même de sa charge, de cette infaillibilité quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte irrévocable, tel point de la doctrine »

Monseigneur Périer commente : « Le pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l’Eglise, jouit… de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Eglise lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale. »

Dans l’Encyclique « Mystici corporis christi » Pie XII s’exprime-t-il ex-cathedra ? La réponse est « OUI » sans aucun doute possible, me semble-t-il, puisque le pape, en effet, s’exprime dans les conditions et qualités requises pour donner à l’Encyclique, dont il est l’auteur,  le caractère d’infaillibilité. Je cite cet extrait de l’Encyclique  Mystici corporis christi, le confirmant :

« Après avoir, Vénérables Frères, dans l’explication de ce mystère qui embrasse notre union mystérieuse avec le Christ, éclairé les esprits de la lumière de la vérité, comme Docteur de l’Eglise universelle, Nous croyons conforme à notre charge pastorale de stimuler aussi les âmes à aimer ce Corps mystique d’une charité si ardente,  qu’elle se traduise non seulement en pensées et en paroles, mais aussi en œuvres. »   Le style et la syntaxe du passage cité permettent  de considérer qu’à  la totalité de l’Encyclique les mentions s’appliquent.

J’ouvre ici une parenthèse  pour montrer par ces deux citations extraites de l’Encyclique,  l’insistance du pape à employer les termes choisis pour que s’applique l’infaillibilité : « Mais notre charge pastorale est le principal motif qui nous invite à traiter actuellement avec une certaine ampleur cette éminente doctrine. Nous avons considéré comme un devoir de notre charge pastorale d’exposer……. la  doctrine du Corps Mystique de Jésus Christ. Page 33 d’un document portant les armoiries vaticanes, pagination omise pour les deux dernières, facilement repérables par l’emploi de « rechercher » sur votre PC,  en reproduisant les phrases.

Le jugement  rédhibitoire porté contre les juifs et le Judaïsme, dans cette Encyclique  semble donc, jusqu’à démonstration contraire,  engager la doctrine de l’Eglise Romaine, en dépit des efforts louables manifestés par les amis d’Israël pour en soutenir  le contraire.

Je cite, cet extrait de l’Encyclique, capital, au demeurant, à bien des titres : l’abolition de la Thora !


« D’abord la mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l’Ancienne Loi abolie ; c’est alors que la Loi du Christ, avec ses mystères, ses lois, ses institutions et ses rites, fut sanctionnée pour tout l’univers dans le sang de Jésus-Christ. »

Ces propos sont d’une extrême gravité car, ayant été proclamés, sauf erreur,  sous couvert de l’infaillibilité pontificale, ils ne s’appliquent pas seulement à l’époque où ils furent entendus mais s’éloignent de la contingence historique pour rejoindre le domaine des vérités éternelles ou extra temporelles.

Je poursuis la citation papale : « …. sur le gibet de sa mort il annula la loi avec ses prescriptions (32), il cloua à la Croix le  » chirographe  » de l’Ancien Testament (33), établissant une Nouvelle Alliance dans son sang répandu pour tout le genre humain (34). »

« Alors, dit saint Léon le Grand en parlant de la Croix du Seigneur, le passage de la Loi à l’Evangile, de la Synagogue à l’Eglise, des sacrifices nombreux à la Victime unique, se produisit avec tant d’évidence qu’au moment où le Seigneur rendit l’esprit, le voile mystique qui fermait aux regards le fond du temple et son sanctuaire secret, se déchira violemment et brusquement du haut en bas (35).

Page 10 de l’Encyclique – Edition  du Vatican

Enfin si l’on m’objecte qu’une intervention sous couvert d’infaillibilité doit déboucher sur une vérité dogmatique, n’est-on pas fondé à estimer que « l’abolition de la Thora » par Pie XII, agissant ès qualité de Docteur et Pasteur est précisément le dernier pas d’une démarche dogmatique, dont la cohérence impose d’elle-même le fondement du remplacement d’Israël par la nouvelle alliance,  conséquence fatale de « l’abolition de la Loi de Moïse », principes dogmatiques, s’il en fut !

Je redoute d’avoir probablement éclairé d’une lumière bien affligeante, les motifs ayant conduit à écarter la Déclaration de Repentance des évêques de France qui insistaient sur la nécessité d’une réforme doctrinale, condition préalable et incontournable au rapprochement d’une l’Eglise « triomphante » et d’une Synagogue obstinément « aveugle » !!!

Le contenu dramatique de cette analyse s’accommoderait d’une erreur  qui ruinerait son contenu. Mais, erreur, y a-t-il ?

Certes, Mgr di Falco a raison quand il soutient la judaïcité de Jésus. La question essentielle paraît moins de savoir quelle était son identité innée que de déterminer ce qu’il voulut être.

Or, Jésus est resté célèbre, ,  au regard du Judaïsme, plus par ce qu’il a aboli ou accompli, bref supprimé,  que, par ce qu’il a réalisé pour redonner force et vigueur à la Loi de Moïse ! »

« Mystici corporis christi » Dans cette Encyclique, Pie XII, s’exprimant, ès qualité du « Vicaire du Christ », et, statuant en matière de foi, il semblerait difficile que puisse être niée « l’infaillibilité du Pontife » On ne peut donc, ne pas tenir compte de l’avis pontifical.

Or, concernant les Juifs, Pie XII dit : « La mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l’ancienne Loi abolie. »


Si Jésus a vraiment affirmé cela et quelle que soit, la position de la loi rabbinique à ce sujet, il paraîtrait singulier de maintenir Jésus dans une tradition, voire dans un peuple, à l’égard desquels, il confirme sa volonté d’affranchissement !


Jésus et ses disciples respectaient-ils Chabbat ?

Jésus et ses disciples mangeaient-ils cacher ?

Quel sens a pour les générations futures une « loi accomplie »

Si la disposition constitutionnelle définissant la République comme identité du gouvernement de la France, s’accomplissait, la République ne disparaîtrait-elle pas avec son accomplissement ?

Jésus souhaitait-il rester fidèle à une loi et, donc à une identité en rejetant cette même Loi ?

Jésus était Juif, mais il ne semble pas qu’il ait souhaité le rester !

D’après un article de Gil Hoffman du Jerusalem Post analysant les récents propos de Amos Yadlin, Major Général en retraite et ancien Chef du renseignement militaire.  Une analyse de Charles Bybelezer adaptée par Thérèse Zrihen-Dvir.


En effet, l’ancien Chef du Renseignement Militaire d’Israël, s’exprimant à New York, faisait remarquer que l’Iran, contrairement à ses affirmations,  n’a pas détourné à des « fins civiles »  une partie importante de son uranium enrichi, mais que la majorité de ses stocks était, en vérité, l’objet d’une transformation en uranium oxydé ou « gâteau jaune » qui pourrait, très rapidement, devenir matériaux fissiles, c’est-à-dire éléments essentiels et constitutifs de l’arme atomique !

Amos Yadlin poursuit : « Une semaine, seulement, serait suffisante pour que le « gâteau jaune » devienne une arme atomique ! »


Déjà, en 2010, d’après l’Agence Internationale de l’énergie atomique,  l’Iran avait produit 190 Kg d’uranium enrichi à 20%. Et l’on s’attendait au déclenchement d’un conflit. En dépit des affirmations d’Ehud Barak, soutenant que l’Iran avait reconverti à des « fins civiles » une partie importante de son stock d’uranium, l’Agence Internationale de l’énergie atomique révélait que la production totale d’uranium iranien enrichi à 20% avait atteint 280 Kg soit un danger potentiel considérable et …immédiat !

Et Amos Yadlin de préciser l’essentiel : 40 Kg d’uranium enrichi sont sortis des circuits contrôlables ! L’AEIA, supposait que plus de 100 Kg d’uranium avaient été secrètement « enrichis » par l’Iran !


Une fraction infime du stock iranien est destinée au civil, alors que 80% des réserves, selon le Major Général, sont consacrés à la fabrication de « gâteaux sales » à …vocation militaire ! Toute la question est de savoir où en est le processus d’enrichissement de l’uranium iranien et si, la « ligne rouge » fixée par le Premier Ministre Netanyaou a été dépassée ?


La stratégie de base impose de déterminer la limite qu’Israël ne peut accepter de voir franchie, sans mettre sa vie en danger et tout conduisant à penser que l’Iran poursuivant la nucléarisation militaire de son stock d’uranium, sans se préoccuper de l’approbation ou de la condamnation des Nations, la ligne rouge est, soit dépassée, soit, en instance de l’être.

Dans ces conditions, il n’est plus crédible de ne pas prévoir que la guerre est imminente !

https://www.youtube.com/watch?v=Hqj_XfnARH0&feature=youtube_gdata_player

Extrait de : « Les soleils d’Algérie » Nouvelles d’Arnold Lagémi. A paraître prochainement.

Assimilée par contexte et intégrée par choix, faire disparaître ce qui restait de Juif était un des objectifs culturels  de ma famille, inavoué certes, mais vécu chaque jour avec l’ardeur renouvelée d’une attirance réelle pour tout ce qui s’identifiait comme  éloigné du peuple Juif et de sa tradition.


Pourquoi cette allergie, ce rejet des Juifs, de leurs semblables,  de leurs manières de faire ou de ne pas faire ? A vrai dire, je l’ai toujours ignoré  et aujourd’hui même, ses causes réelles sont recouvertes d’un voile opaque. Je crois deviner cependant, qu’ignorant tout  de la « chose juive,  » jusqu’à méconnaître la première lettre  de l’alphabet, ils en ressentaient une telle honte, qu’ils préféraient  renoncer au tout, au motif, du caractère obsolète de la culture juive, que de devoir expliquer, voire justifier un choix sectoriel qui,  dans le fond, leur convenait davantage mais les conduisant assurément  vers de sérieuses difficultés, ne pourrait éviter de leur être opposé comme la manifestation arbitraire du partial plutôt que du… partiel !



C’est ainsi que naturellement, je fus inscrit dans une école privée Catholique, après avoir tenté une classe de 6ème au Lycée Gauthier,  d’où je fus chassé pour indiscipline et perturbation.


Dès les premiers jours de scolarité, la Messe, à laquelle, je pouvais ne pas assister, mais à laquelle je participais, par curiosité, mais  aussi et surtout, parce que la pénombre de la chapelle,  me permettait de réaliser quelques « bons coups » au préjudice des bons pères, comme le pillage des boîtes d’hosties, ou l’étalement de savon liquide sur les escaliers menant à l’autel. Jusqu’à ce jour, je ne peux manquer d’amorcer, à l’évocation de ces impérissables souvenirs,  un sourire qui, s’il pouvait être partagé par un regard complice, ne manquerait pas de dégénérer  en un irrépressible fou-rire !


Deux ou trois années passèrent ainsi et je dus mon maintien dans cette école de l’aristocratie algéroise, au défenseur inconditionnel que la P.rovidence avait placé sur ma route en la personne du Père aumônier de l’école, ex moine trappiste qui, avec l’accord du Supérieur Général,  avait délaissé le silence monacal pour l’évangélisation héroïque des élèves fréquentant les lycées Catholiques d’Alger. Je sus, par la suite, que le Père M… ( avait, plus d’une fois, en Conseil de Classe, fait observer, que mon attirance pour la lecture des manuels d’apologétique, laissait prévoir une possible conversion  que, « mes talents divers transformeraient, en militantisme actif au service de l’Eglise. »


C’est ainsi qu’en compagnie du Père M… je fis de nombreux séjours à l’abbaye de Notre Dame de l’Atlas, près de Médéa où la rencontre avec…le silence, le vrai n’alla pas, sans laisser de profondes traces ! Je me rappelle que le père Hôtelier, montrait avec fierté le nécessaire de tonsure en or massif, offert par  Napoléon III, lors de sa visite au monastère ou ce vieux moine venu se jeter de tout son long devant le père abbé implorant son pardon, parce qu’il avait réservé à un autre usage que la prière, le son de sa voix !


Quand j’eus treize ans, se réalisa une promesse accomplie par mon oncle, grâce à mon grand-père maternel, autorité tutélaire, dont le prestige auréolé d’une Légion d’Honneur (accordée par le généralissime Foch et remise sur son lit de blessé à l’hôpital de La Pitié Salpétrière par le génral Franchey d’Espéray, Gouverneur militaire de Paris) était tel,  qu’entre autres,  c’est lui qui décidait quel prénom porterait le petit fils ou la petite fille qui venait de naître. Son séjour aux USA, dans les années fondatrices de l’Amérique, lui avait rendu si sympathique ce pays,  que tous les prénoms choisis pour ses petits enfants étaient  d’origine anglo-saxonne. De Wilfried à Katty ou Edith, ainsi furent-ils (ou furent-elles prénommées. C’est ainsi qu’Arnold fut désigné!


Là  n’est pas le sujet, mais de singulières complicités m’unirent à ce grand-père, dont j’ai probablement hérité du goût non caché pour les blagues farces et autres raisons de rire et que le destin m’avait arraché bien trop tôt. Un dimanche donc  de l’année de mes treize ans, au moment où le café était servi, et mes parents présents, un de mes deux oncles, fils de mon grand-père décédé  m’interpella : « Et ta Communion, Arnold, est prévue pour quelle date ?  Le mot « Communion » avait été délibérément choisi  par de nombreuses familles pour sa connotation non juive.


Je me suis souvent  demandé quel pouvait être le sens de cette question posée par un homme aussi éloigné des choses du C.iel que pouvait l’être un Juif d’Alger, dont le père, Officier au 4èmezouaves, Officier de la Légion, Conseiller du Commerce Extérieur, fondateur d’une conserverie célèbre, les Confitures « Jeannette », qui, dès le statut des Juifs promulgué par Pétain, alla à la sous-préfecture de Blida restituer ses décorations qui lui avaient été remises par une « France qui venait de trépasser. » Grand-père, sur le certificat de décès duquel était portée  la mention « Mort pour la France. » Aussi, la question de ma Bar-Mitsva par son fils, ne ressemblait pas aux préoccupations de cette famille qui était la mienne.


Je sus bien plus tard que mon grand-père avait fait promettre à son fils sur son lit de mort qu’il se chargerait de cette formalité si mes parents ne la prenaient pas en charge


Je ne me rappelle plus de la réponse qui fut faite par ma mère ou mon père. Une réception « grand style » avec orchestre fut prévue pour un dimanche soir. Et l’on pensa à une foule de détails mondains, à l’exception de l’achat des téfilines et de l’office religieux qui devait se dérouler le jeudi précédant la réception du dimanche soir.


La chronologie et l’ordonnancement des étapes envisagées pour cette célébration m’échappent aujourd’hui. Mais ce dont je me souviens avec l’exactitude d’un constat d’huissier, c’est que ce jeudi matin où j’aurais du me trouver à la synagogue, récitant les bénédictions d’usage en mettant les téfilines, j’étais en cours d’apologétique et le prêtre  traitait des preuves de l’existence de D.ieu chez Descartes. Un élève entra dans la classe et chuchota quelques mots à l’oreille du prêtre qui me dit avec une forte voix : « Lagémi, le Père Supérieur vous attend immédiatement dans son bureau. »


Je descendis donc les escaliers, le plus vite que je pus et, dans le bureau du père Supérieur, se trouvaient,  l’air dépité, comme jamais je ne les ai vus, mon père qui, en plus, avait ce mouvement d’épaule, qui  semblait se disculper de sa présence, par un mouvement perpétuel du cou et mon oncle qui, les larmes dans les yeux et la gorge  ne tarda pas à exploser d’un sanglot qui n’en finissait pas après m’avoir dit précipitamment: « Arnold, aujourd’hui tu es majeur et responsable selon la Loi juive, tu dois mettre les téfilines. »


Ces quelques mots prononcés dans le bureau du père Supérieur, un immense crucifix au mur,  avaient quelque chose d’insolite, de surréaliste  qui dépassait nos pauvres vies. Je reçus mes téfilines, un taleth et une kippa. Mais le fin du fin, est que ni mon père, ni mon oncle ne savaient comment mettre des téfilines. Je fus aidé par… le Supérieur de l’école, qui dit se souvenir des gestes qu’il avait vus faire par un groupe de juifs à Drancy où il fut interné pour Résistance avant d’être déporté. Il eut la délicatesse de se couvrir la tête d’un béret basque avant de lire en hébreu le texte des deux bénédictions requises.  Il aurait pu refuser sous n’importe quel prétexte. Sans jamais pouvoir l’expliquer, ce qu’il fit à cet instant, me parut être la quintessence  de la générosité.  Je lus dans ses yeux beaucoup de tristesse. Dès cet instant, il sut, que j’étais perdu pour l’Eglise.

(Extrait de : « Les soleils d’Algérie » Nouvelles. A paraître prochainement.

Ci-après le  lien  qui s’ouvre sur un débat sans concession, mais,  fait exceptionnel, dépourvu de ressentiment ou d’animosité quand  les sujets qui fâchent sont abordés :  http://www.arnoldlagemi.com/?p=5530

A l’attention de Fiodor,


Désolé de n’avoir pas été aussi prompt que vous l’avez été pour composer votre réponse, mais le respect des règles du Shabbat en est la cause.


J’ai fait un tour sur votre blog et votre amitié à l’égard de l’Etat Juif, sincère et généreuse  relève du courage, voire de l’héroïsme. Cependant, les sujets de divergence  existent bien,  dès qu’on tente de rapprocher les doctrines. Ce que vous essayez de faire et qui me conduit fatalement  à vous fournir d’autres bases d’appréciation. J’espère ne pas vous fournir d’éléments dont une appréciation inadéquate pourrait faire apparaître  une opposition malséante et inopportune entre nous.


Permettez moi de vous faire part du trouble que votre courrier suscite. Il me paraît difficile d’imaginer qu’un « simple fidèle » puisse répondre dans les catégories retenues sans être « fortement » impliqué, lui-même,  dans la vie de l’Eglise. En effet, la référence immédiate à la phrase de la prière du Vendredi Saint est affaire, sinon de spécialiste, du moins, la particularité d’un « sachant. »


Ne vous croyez pas obligé de m’assurer que « vous ne jouez pas sur les mots » pour rectifier mon propos par le texte officiel. Celui-ci posant tout de même et, par ailleurs, problème. « Que D.ieu conduise à la plénitude de la Rédemption le premier peuple de l’alliance » Cette volonté nouvelle de l’Eglise d’accorder un rôle éminent à Israël dans l’alliance divine me fait penser à la Bruyère (pardonnez l’outrance de l’exemple !): « Si une belle femme approuve la beauté d’une autre femme, on peut conclure qu’elle a mieux que ce qu’elle approuve. » Les caractères – Chap XII –


Et vous rajoutez, « Où est-il question de conversion là-dedans ? Mais, il n’est question de rien d’autre que de conversion ! Ce « peuple de l’Alliance » est-il aujourd’hui toujours le « premier » AVANT l’EGLISE ROMAINE ? Ce peuple n’était-il pas premier avant la Nouvelle Alliance seulement ?  Comment pourrait-il le rester aujourd’hui ? S’il l’est toujours, comment pourrait-il s’y  maintenir en niant la messianité de Jésus ? Et, si cette façon de voir était la bonne, quelle serait la mission de l’Eglise, qui ne détiendrait pas la première place ? Car il ne s’agit pas d’un simple classement, mais du positionnement de la vérité ! La première façon de voir, celle que la vérité retient, serait donc celle qui ne reconnaît pas à l’Eglise la priorité de jugement ?


Concernant Strasbourg, je vous parle de vérité, vous me répondez par la caricature. Je répète donc ma question. Après Vatican II, le maintien de la statue infâme de Strasbourg  a-t-il un sens ? Ai-je jamais demandé une destruction ? Seulement un panneau explicatif ?


Approuvez-vous le silence de l’archevêque de Strasbourg à ce sujet ?


Vous comparez cette situation avec la destruction des Bouddhas par les Talibans ! Je le redis : il n’a jamais été question de destruction, d’enlèvement ou de déplacement !Et puis, Vatican II, devait-il être suivi par des actes réparateurs ou se limiter à des déclarations d’intention ?


Vous soutenez que l’anti Judaïsme ne fut pas constant en confondant les initiatives personnelles et la doctrine de l’Eglise


Aussi,  je vous rappelle qu’au XVèm siècle le Concile de Florence a affirmé et soutenu la théologie de la substitution et que,  jusqu’à notre époque (1943)  l’encyclique Mystici Corporis Chri sti dont l’auteur fut PIE XII affirme « La mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l’ancienne Loi abolie. » Tout cela est clair, non ? Ces deux éléments, concile et encyclique restant la « substantifique moelle » d’une histoire qui, depuis Constantin jusqu’à Vatican II a plutôt été sans ambiguïté dans sa relation avec les Juifs.


La récente déclaration du souverain pontife intégrant l’histoire générale de la doctrine chrétienne s’accommode mal de Vatican II et de ses conséquences théoriques qui n’effacent  ni n’annulent l’enseignement des pères, Encycliques et Conciles à propos des Juifs.


L’amitié des Chrétiens pour les Juifs est restée jusqu’à Vatican II  ( quoique…) une INITIATIVE PERSONNELLE ET PRIVEE qui, pour remarquable et exemplaire qu’elle fût, n’a jamais engagé l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine


Désolé, mais la position de l’Eglise, par rapport à Israël a plutôt empiré. Les conclusions du synode des évêques d’Orient, condamnant le sionisme et l’Etat Juif ont-elles été désapprouvées par le Saint Siège ? Savez-vous que la non reconnaissance de l’Etat Juif par le Vatican   aurait obligé ce dernier à honorer un très lourd passif fiscal ? L’Eglise ne milite-t-elle pas pour une internationalisation de Jérusalem, refusant à la Cité de David confirmation qu’elle est et restera capitale de l’Etat Juif ?


Enfin, la demande de pardon adressée à D.ieu par le pape et non à Israël est révélatrice à bien des égards. Lors du discours du dictateur Iranien condamnant à mort l’Etat Juif, les représentants du Vatican n’ont  pas quitté la salle comme les représentants d’autres Etats. Ce sont là, gestes forts qui frappent par leur funeste sens.


Pourtant, la Déclaration de repentance des Evêques de France réunis à Drancy, il y a quelques années reconnaissait la responsabilité doctrinale de l’Eglise ! Constater la « mise au placard » d’un tel document, la réhabilitation d’évêques révisionnistes ou négationnistes et la remise en  considération de l’Eglise intégriste ne peuvent  manquer d’inquiéter les Juifs et de les amener à s’interroger sur la portée réelle de Nostra Aetate !


Ne cédez pas à la tentation en me qualifiant  d’anticatholique  primaire, alors que je fus un, parmi les rares en Israël à défendre la mémoire outragée de Pie XII, sauveteur de milliers de Juifs durant la Shoah,  ignominieusement bafoué et insulté.  http://www.arnoldlagemi.com/?p=2787


CONSERVONS PRECIEUSEMENT L’AMITIE MAIS NE TENTONS PAS D’ETABLIR DES CONVERGENCES DOCTRINALEMENT CHIMERIQUES.


Votre amitié pour Israël, excusez le ton pompeux,  est l’honneur de la Chrétienté ! Tout comme cet honneur fut porté par le grand et l’illustre Pie XII pendant les jours d’épreuve !


Chalom fraternel d’Israël !

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