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  Les Juifs radicaux qui condamnent le sionisme politique, soutiennent que les fondateurs de l’Etat étant éloignés de la Révélation, la collectivité nationale issue de cette conception est entachée d’une irrégularité qui la rend « impraticable » pour celles et ceux qui se réclament de l’observance rigoureuse et sans complaisance.

Nous pouvons dire qu’il y a là le signe d’une courte vue et d’un raisonnement qui ignore que l’intelligence est d’abord la capacité à établir des relations. Dans cet univers ingénu, candide et naïf, tout se passe comme si la Thora n’était qu’un Livre relatant la vie d’hommes vertueux. Or,

Abraham était idolâtre avant de « détruire les idoles de son père ». Il n’en reste pas moins, celui, qui, dans la solitude, conclut que si, une vérité circulait dans le monde, elle ne passait pas par des statues qui « ne voient, ne n’entendent. »

Joseph, vice-roi d’Egypte, put-il occuper cette fonction sans fournir des gages d’allégeance et de fidélité  au Panthéon des valeurs et vertus d’Egypte ? Moïse, Notre Maître, eut un parcours, plus significatif encore. Il fut élevé à la Cour, comme le propre fils de Pharaon, l’homme D.ieu. Peut-on imaginer, que le « plus grand des prophètes » ne fit pas quelques compromis pour mériter la confiance du Maître de l’Egypte ? Et, David, le roi David, l’auteur des Psaumes et le père du Messie, ne fut-il pas coupable de meurtre avec préméditation, pour avoir envoyé à la mort Uri, le mari de Bath Shéva, afin de pouvoir cohabiter avec cette dernière ? Le prophète Nathan ne déclara-t-il pas que David avait commis une faute grave ?

L’histoire, est d’abord l’histoire de la violation des règles de la morale. Et si la fondation de l’Etat d’Israël ne correspond pas à la vision idyllique que certains attendaient, c’est qu’ils ne savent pas que l’histoire des hommes est  la seule opportunité, l’exclusif  champ opérationnel où s’affrontent  toutes les ambitions humaines. C’est donc le lieu de tous les dangers, de toutes les bassesses, mais en même temps, le seul où la grandeur humaine prend toute sa dimension. C’est aussi le seul domaine où la morale doit triompher, puisque c’est là et là seulement que toutes les tensions et tentations s’exercent.

Si l’histoire du sionisme politique est ponctuée d’erreurs ou de fautes, il est loin d’être établi qu’il y eut plus de violations de la Loi  autour des années d’édification de l’Etat d’Israël qu’il n’y eut de crimes, de meurtres et d’infractions diverses,  lors des royautés de Saül, David, Salomon, où lorsque les royaumes de Judas et d’Israël furent divisés.

On peut même dire que les fautes commises par la génération du Sinaï qui « vit les voix » (roïm ète hakoloth) restent d’une exceptionnelle gravité,  alors que la génération qui connut le plus grand malheur,  sut trouver la force de proclamer que l’espoir était plus grand que la désespérance.

Non, vraiment, les fautes commises par les fondateurs de l’Etat, pour regrettables qu’elles furent, n’en restent pas moins inhérentes à l’exercice du pouvoir. « On ne règne pas innocemment » disait St Just.

Par contre, si les erreurs accomplies par celles et ceux qui furent témoins de « l’extraordinaire et du merveilleux » étaient jugées avec la même sévérité que celle avec laquelle on considère les tâtonnements légitimes des pionniers  après presque deux mille ans d’exil, Herzl bénéficierait du qualificatif d’Hatsadik et Ben Gourion de celui de Gaone !

6 Réponses à “Herzl athée? Joseph, ne fut-il pas vice-Pharaon? Moïse, Prince d’Egypte? David, un meurtrier?”

  1. elyane dit :

    Et quand bien meme…CE QUI COMPTE C EST ICI ET MAINTENANT!!!

    • Chère Elyane,
      Merci de préciser. Car, d’une manière générale vous avez raison. Il n’en demeure pas moins, que ceux qui furent grands connurent toutes les tentations du commun. Et certaines erreurs de nos contemporains sont peccadille, comparées aux initiatives de celles et de ceux qui, parce que leur vie est évoquée dans les Ecritures ne paraissent plus humains.
      Je vous souhaite une semaine ENSOLEILLEE !!!!!

  2. Laly Derai dit :

    Bonjour,
    Très bonne analyse. Je me permets juste de conseiller vivement la lecture de l’excellent livre du Dr Georges Weisz, ‘Herzl une nouvelle lecture’ qui, à l’aide de pièces d’archives et de documents très détaillés met à jour une partie de la personnalité d’Herzl que tant les ultra orthodoxes que les post-sionistes ont choisi d’oublier…

  3. Gilles-Michel DEHARBE dit :

    « Le discours de Herzl est complètement enraciné aux catégories traditionnelles. Je ne veux pas dire dans le sens habituel du mot religieux mais au sens identitaire. Mon projet n’est pas de mettre une kippa sur la tête de Herzl car il n’était pas observant. Mais il est complètement artificiel de considérer que Herzl est laïc . Herzl était très conscient de sa judéité. »

    Source / « Revenir à Herzl » / Une interview de Georges Weisz par Constance Le Bihan, pour Guysen International News.

  4. Arnold Lagémi dit :

    POUR LALY DERAI

    Vous avez raison de recommander la lecture du Dr Georges Wheiz. On y découvre Théodore Herzl bien plus proche de la Tradition Juive qu’une certaine propagande orthodoxe est bien loin d’admettre.
    Merci pour votre témoignage.

  5. Arnold Lagémi dit :

    POUR GILLES MICHEL DEHARBE

    Votre identification de Herzl ne semble pas vouloir dépasser le stade de la judéité. Pourtant dans le livre du Dr Georges Weitz que vous citez dans votre commentaire, le Chef du Sionisme politique paraît plus proche de la Tradition qu’une certaine orthodoxie a du mal à admettre en la niant avec véhémence.
    Cordialement vôtre

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